C’est en 2008 que l’aventure de Voy’el a commencé. En fait, je cherchais à publier un roman situé dans le même univers que la Trilogie Atlante, parue chez Fleuve Noir. Mais la collection avait disparu et ça n’intéressait pas les éditeurs que j’avais contactés de publier une histoire située sur Aquatica. Du coup, lors d’un salon à Paimpont, j’ai discuté avec un des libraires de Critic présents sur place, qui m’a parlé de Lulu. Dès mon retour, je me suis renseigné pour voir comment faire. Un illustrateur a accepté de réaliser la couverture des Chevaliers Trinitaires et j’ai monté ma première maquette.

Quelle émotion de tenir le livre une fois celui-ci imprimé. J’ai jugé utile, du coup, de rééditer la Trilogie, vu que j’avais récupéré les droits.

Et c’est là que j’ai mis le doigt dans un véritable engrenage. Un engrenage qui m’a permis de nouer des amitiés, de participer à des salons, de monter des projets. J’avais notamment dans l’idée de publier le roman d’une amie, Isabelle Wenta. Je me suis prise au jeu de relire son manuscrit, de lui donner des conseils pour l’améliorer et nous nous sommes lancées toutes les deux dans quelques séances de dédicaces. Puis, grâce à un forum d’autoédités, j’ai fait la connaissance de plusieurs personnes qui ont rejoint l’aventure, dont Frédéric Vasseur, devenu ensuite membre du comité de lecture. D’autres se sont joints à nous, j’ai monté en janvier 2009, une autoentreprise. Étant enseignante, ce régime me paraissait convenir le mieux, d’autant qu’on débutait à peine. Les manuscrits ont commencé à arriver, dont celui de Cécile Duquenne, Entrechats. Très prometteur ! Rien d’étonnant, vu le talent de la demoiselle.  Par contre, pour la petite histoire… nous avons refusé les Pousse-Pierres qui a heureusement été publié aux Éditions du Riez que je salue au passage et dont je regrette la disparition prochaine. Tant mieux pour l’auteur.

Entretemps, il n’était plus question de travailler avec Lulu. Les frais de port étaient devenus beaucoup trop important. Mais j’ai appris qu’ils travaillaient avec le même imprimeur que Rivière Blanche, à savoir Lightningsource. M’armant de courage pour me lancer dans les démarches en anglais, j’ai pu trouver auprès de cet imprimeur un outil qui convenait à Voy’el : l’impression à la demande devait éviter d’imprimer en trop grandes quantités et donc les retours.

Si côté imprimeur, les choses ont toujours bien fonctionné (quelques couacs, mais rapidement corrigés), côté distribution, les choix ont été moins heureux. Je ne reviendrai pas sur ce qui s’est passé avec Pollen. Je mentionnerai juste qu’ils ont racheté Calibre, qui a été notre premier distributeur et que nous avions quitté suite à des soucis de commandes fantaisistes. Soi-disant des erreurs de frappe. Bien commode, comme excuse. Hélas, nous sommes tombés de Charybde en Scylla, car quittant Calibre, nous avons rejoint Lokomodo. En 2013, il a fallu partir en urgence, voyant la situation se dégrader rapidement. Nous n’étions plus payés, nos livres partaient au Canada sans qu’on nous prévienne (d’ailleurs, nous avons perdu une partie de notre stock comme ça… à moins que le  gérant de Lokomodo ne l’ait gardé sous le coude pour le vendre ensuite à son profit).

C’est dans l’urgence qu’il nous a fallu trouver un autre distributeur, car nous récupérions le stock et il fallait bien le mettre quelque part. Daudin nous a paru trop gros (et nous avons appris par la suite qu’ils avaient aussi coulé des petits éditeurs). Pollen semblait plus adapté, mais comme vous le savez, les choses ont mal tourné.

Dommage, car pendant ce temps-là, des projets assez ambitieux se montaient. Ainsi, alors que la distribution papier n’a pas été heureuse, la distribution numérique, elle, a toujours bien fonctionné et nous avons lancé plusieurs séries : GeMs, paru initialement chez l’Atlante, mais que nous avions retravaillé pour en faire une trilogie, mais aussi La Brigade des Loups, une uchronie mettant en scène un groupe d’hommes et de femmes dans une Europe où la lycanthropie est un virus.

Donner sa chance à de nouveaux talents est resté le cœur de métier de Voy’el. Redonner leur chance à des romans ou artbooks déjà existants aussi : ainsi la série Mark Storm de Cendrine N. Williams qui compte 4 tomes et qui a bien fonctionné au format papier (il faut dire que les couvertures de Sabrina Tobal ont beaucoup aidé à la faire connaître), mais aussi les Grimoires de Maryline Weyl qui vole depuis de ses propres ailes, ce dont nous sommes ravis. Priscilla Grédé (Animaux fantastiques d’Asie, l’anthologie De la Corne du Kirin aux ailes du Fenghuang dont elle a réalisé les illustrations intérieures), mais aussi Célia Flaux (Iceltane), Fabrice Chauliac (Absyrialle), Shirley J. Owens (Rebel), Luce Basseterre (Les Enfants du Passé)… comptent aussi parmi les « jeunes » auteurs que nous avons publié.

Et nous aimerions tellement donner leurs chances à d’autres. Pour cela, pour que l’aventure continue, participez à notre campagne. Si, d’ici le 16 juin, nous atteignons les 7500 euros (soit la moitié de la somme à réunir), trois nouvelles seront offertes à tous les contributeurs, y compris ceux qui participent dès 5 euros. Merci à vous.